Première empreinte

Ainsi font, font, font les petites marionnettes…
C’est la petite bête qui monte, qui monte, qui monte…
Menton rond, bouche d’argent, nez cancan…
Bateau sur l’eau, la rivière, la rivière…
Petit cheval va au marché, au pas, au pas, petit cheval va au marché, au trot…
Ma poule a pondu un oeuf celui-ci l’a ramassé, celui-ci…

Que reste t-il en nous de ce que nous avons oublié ?
De ces premiers jeux qui nous ont émerveillés, fait sourire, fait rire aux éclats probablement quand nous étions si petits ?
Si petits que nous n’arrivons pas toujours à nous en souvenir.
Et pourtant cette voix qui s’adressait à nous en chantonnant, la chaleur des bras qui nous entourait, le chatouillis au creux de notre main, la cadence marquée d’un petit cheval qui va au pas, au trot, au galop, le balancement d’un bateau au fil de l’eau est en nous, reste en nous.
Rythme et mouvement.
Rythme et mouvement s’inscrivent en nous.
Il n’est pas étonnant alors que nous accueillons avec joie ces jeux, et en redemandons encore et encore.
La vie n’est-elle pas rythme et mouvement ?
Ces petits jeux empreints de poésie où la vie se déploie, où corps et voix s’ajustent sont précieux.
Ils demeurent en nous. Tout comme la joie ressentie à ce moment là.
Ces jeux de la toute première enfance participent à la construction de notre être.
Le corps est notre maison, nous allons y demeurer un certain temps. Faire connaissance avec ce lieu que nous habitons est essentiel. Les enfantines nous offrent cette occasion.
Une occasion toute poétique de découvrir, d’explorer, de connaître, de sentir, de ressentir, de percevoir, de comprendre, les limites de notre enveloppe corporelle et de nous révéler notre singularité.
Quand l’adulte nomme et effleure une à une les parties de notre visage en scandant « Beau front, beaux yeux, nez de cancan, joue bouillie, joue rôtie, menton fleuri… »
Quand nous recevons cette caresse sur notre visage n’est ce pas une manière joyeuse et littéraire de découvrir ce que nous sommes : des êtres de langage.

Ce texte a été écrit pour le web-documentaire de la médiathèque de Roubaix « Les petits pouces  » jeux de doigts et autres enfantines.

Les enfantines m’accompagnent depuis plus de vingt cinq ans dans les lieux où je suis invitée à jouer, à chanter avec petits et grands .

Ecrire pour ce web-doc fut une nouvelle occasion pour moi, de mettre en mots, ce que j’ai découvre et ce qui ne cesse de m’animer; accompagner des touts petits, leurs proches avec ce que nous offre ce riche répertoire oral que sont les berceuses, les formulettes des mains, du visage…..

lespetitspouces.mediathequederoubaix.fr

Categories: Jeux de doigts, jeux de mains, Petite Enfance, Poésie, Tradition orale enfantine, _Tous les articles

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